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à propos des portraits

L’AUDIO-PORTRAIT

En effet, si le peintre travaille d’emblée avec un tableau de dimension fixe, dans lequel s’opèrent les étapes progressives de la densification, ou, pire, s’il travaille d’abord sur des carnets, avant de reproduire ses esquisses ‘en grand’, son travail peut-être vu comme diamétralement opposé à celui de l’audio-portraitiste pour qui, au montage, le « cadre », c’est-à-dire la durée, est retravaillée : il coupe et tasse la matière provenant du tournage (l’entretien, les sons seuls, tout ce qui a été enregistré), si bien que la densification s’opère bien, mais à l’inverse d’un texte qui s’étoffe, les « dimensions » de l’audio-portrait se réduisent à mesure de son montage. C’est comme si le peintre devait raboter son tableau pour rééquilibrer sa composition en enlevant un peu de ciel, un peu de sol, ou pour recentrer son sujet.

Extrait du mémoire de fin d’études de Rémi Galibert, ENS Louis Lumière

 

LA PRESENCE

(…) le portrait peut être investi d’un pouvoir d’illusion dont l’exemple le plus célèbre est rapporté par Plutarque : un familier d’Alexandre, Cassandre, qui était terrorisé par le souverain, se trouvant brusquement après la mort de celui-ci face à sa statue à Delphes, est pris d’une terreur panique et est saisi d’un « tremblement convulsif ».
La tradition rapportrée par Pluatrque contient en germe l’idée que le portrait n’est pas seulement signe de reconnaissance, mais présence auquel il se substitue.

Extrait de Théories du portrait par Edouard Pommier chez Galimmard

 

LA CREATION

Mais à un moment ou un autre, nous sommes amenés à nous demander : comment faire en sorte que nous n’ayons pas honte de ce nous faisons et de la vie que nous menons lorsqu’on les confronte à la vérité de la société et la dureté de ce qui s’y passe ? Face aux réalités insupportables qui nous environnent, aux systèmes de domination et d’exploitation qui organisent notre monde, n’est-il pas nécessaire que, lorsque nous nous rendons au vernissage d’une exposition, lorsque nous préparons une performance, lorsque nous écrivons un roman, lorsque nous composons une symphonie, nous nous demandions : mais à quoi cela sert-il ?

Geoffroy de Lagasnerie. L’art impossible (pp. 8-9). PUF

 

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